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Bénin-Crise au Conseil National des Supporters du Bénin

La bataille du mandat devant la justice

Le CNS-B, autrefois référence dans la sous-région, est aujourd’hui secoué par une profonde crise de gouvernance. Trois procédures judiciaires opposent les différentes tendances de l’organisation, tandis que l’avenir du mouvement des supporters béninois se joue désormais devant les tribunaux.

Le Conseil National des Supporters des équipes du Bénin (CNS-B) traverse l’une des périodes les plus délicates de son existence. Longtemps salué comme un modèle d’organisation en Afrique de l’Ouest, le mouvement est aujourd’hui confronté à une crise interne qui a pris une tournure judiciaire. Au cœur du différend : la durée du mandat du bureau dirigeant et plusieurs contestations portant sur le fonctionnement de l’organisation.

Ce mercredi, les différentes parties sont une nouvelle fois attendues devant le Tribunal de première instance de première classe de Cotonou. Selon les informations recueillies, trois procédures distinctes ont été engagées par une frange des membres du CNS-B, conduite notamment par Eddy Ganny-Akué et Boniface Sagbohan.

Une divergence sur la durée du mandat

L’origine de la crise remonte à la création du CNS-B, née de la réunification des différentes associations de supporters sous l’impulsion de l’ancien ministre des Sports, . Cette médiation avait permis de rapprocher l’Union nationale des associations de supporters (UNAS) et la Fédération béninoise des associations de supporters (FEBAS), qui avaient respectivement désigné sept et huit représentants pour former un bureau consensuel.

Selon plusieurs sources, les deux entités s’étaient alors accordées verbalement sur un mandat de trois ans. Toutefois, lors des formalités administratives ayant conduit à l’obtention du récépissé officiel du CNS-B, les statuts auraient fixé la durée du mandat à quatre ans. Cette différence est aujourd’hui au centre de la première procédure judiciaire.

Les plaignants estiment que l’Assemblée générale élective aurait dû être organisée le 13 juillet 2026, conformément à l’accord initial. À l’inverse, les dirigeants actuels soutiennent que les statuts enregistrés leur confèrent un mandat de quatre années.

Une Assemblée générale extraordinaire contestée

La deuxième assignation concerne l’Assemblée générale extraordinaire du 28 avril 2026, organisée par les partisans du président sortant, Léopold Houankoun. Les requérants demandent au tribunal de constater les irrégularités qu’ils estiment avoir entaché cette rencontre, consacrée notamment à la mise en conformité des textes du CNS-B avec la loi n° 2025-19 du 9 juillet 2025 relative aux associations et fondations.

Les incidents du 10 mai également devant les juges

Le troisième dossier porte sur les violences enregistrées le 10 mai 2026 au siège du CNS-B, au retour de Lomé, après la qualification historique des U20 Dames du Bénin pour la Coupe du monde Pologne 2026.

Les plaignants imputent, à tort ou à raison, une responsabilité au président sortant dans les échauffourées ayant opposé plusieurs supporters. Cette affaire fera également l’objet d’un procès annoncé pour le mois d’octobre prochain, portant notamment sur des faits présumés de coups et blessures volontaires.

Selon les informations disponibles, une tentative de règlement à l’amiable avait été envisagée devant le procureur de la République. Une proposition d’indemnisation de 250 000 francs CFA destinée à couvrir les frais médicaux d’une victime présumée aurait été formulée. Celle-ci l’aurait cependant refusée, préférant laisser la justice se prononcer.

Une image ternie

Ces multiples procédures judiciaires fragilisent une organisation qui faisait autrefois la fierté du sport béninois. Le CNS-B s’était illustré lors de la Coupe d’Afrique des Nations Égypte 2019, où les supporters béninois avaient été récompensés par la Confédération africaine de football (CAF) pour leur discipline, leur ferveur et la qualité de leur animation.

Aujourd’hui, cette reconnaissance contraste avec les profondes divisions qui secouent l’organisation. Entre désaccords sur les textes, contestations de gouvernance et affrontements internes, le CNS-B traverse une période d’incertitude dont l’issue dépendra autant des décisions de justice que de la capacité des différents acteurs à renouer le dialogue et à préserver l’unité du mouvement des supporters béninois.