Dr Miftaou Fatoké décrypte un scrutin historique et appelle à la continuité des réformes
À la suite de la proclamation des résultats définitifs de la présidentielle du 12 avril 2026, Dr Miftaou Fatoké, enseignant-chercheur à la retraite et promoteur de l’Institut Supérieur d’Expertise et de Gestion (ISEG), livre une analyse approfondie d’un scrutin qu’il qualifie de tournant décisif pour le Bénin.
Invité par le Collège des Imams de l’Atlantique-Littoral, l’expert-comptable a animé deux conférences durant la période électorale, notamment à Cotonou et à Tori. De ces échanges, il retient trois enseignements majeurs. D’abord, la fin du « Bénin d’avant », marquée selon lui par une rupture nette avec les pratiques passées. Il met en avant des réalisations concrètes sous la gouvernance de Patrice Talon : modernisation des infrastructures sanitaires avec des équipements de pointe, amélioration significative du taux de réussite au baccalauréat, et dynamisme de la GDIZ ayant généré des milliers d’emplois.
Ensuite, Dr Fatoké insiste sur la notion de continuité, qu’il distingue clairement de l’immobilisme. Il voit dans l’élection de Romuald Wadagni une opportunité d’approfondir les réformes engagées, notamment à travers le développement territorial structuré autour de pôles économiques stratégiques comme l’industrie, le tourisme et l’innovation.
Enfin, il revient sur la mobilisation électorale, qu’il considère comme un devoir à la fois civique et religieux. Pour lui, l’idée d’un scrutin « joué d’avance » était une illusion dangereuse. La forte participation observée traduit, selon ses propos, une maturité démocratique croissante et un attachement des populations à leur droit de vote.
Interrogé sur les raisons de cette mobilisation exceptionnelle, Dr Fatoké évoque une décennie de transformations profondes qui auraient suscité l’adhésion populaire. Il souligne également la qualité de la campagne électorale, jugée ouverte et inclusive. Il salue aussi bien la proximité du candidat élu avec les citoyens que la contribution du candidat de l’opposition, Paul Hounkpè, qui a su porter des messages accessibles et engageants.
Pour l’analyste, ce plébiscite revêt une importance stratégique pour le développement durable du pays. Une forte adhésion populaire rassure les partenaires internationaux et consolide la crédibilité des réformes en cours.
Dr Fatoké n’a pas manqué de saluer l’attitude du président sortant, Patrice Talon, qu’il félicite pour avoir respecté la Constitution en quittant le pouvoir dans un climat apaisé. Dans un contexte sous-régional souvent marqué par des tensions politiques, il estime que ce geste renforce l’image du Bénin comme modèle démocratique en Afrique de l’Ouest.
Sur le plan citoyen et spirituel, il appelle à un engagement politique responsable. Selon lui, participer à la vie publique est un devoir moral, en cohérence avec les valeurs religieuses et sociales. Il insiste sur le rôle crucial des leaders religieux, notamment les imams, qu’il remercie pour leur implication dans la sensibilisation et la mobilisation des électeurs.
S’adressant enfin au président élu, Romuald Wadagni, Dr Fatoké recommande de maintenir le cap des réformes sans ralentissement. Il reconnaît l’existence de frustrations liées aux transformations en cours, mais reste convaincu qu’elles seront progressivement compensées par les bénéfices économiques et sociaux attendus.
« Approfondir sans renoncer, garder le cap avec rigueur et responsabilité », telle est, en substance, la ligne directrice qu’il propose pour bâtir un avenir encore plus prospère pour le Bénin.
Rodrigue DJOTCHOU













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